Lire Lolita à Teheran – Azar Nafisi

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« Lire Lolita à Téhéran » est un magnifique roman qui nous offre une une telle ouverture d’esprit qu’on voudrait pouvoir remercier directement l’auteur de nous avoir ouvert les yeux.

Tiens, commençons par l’auteur. Azar Nafisi est née à Téhéran en 1955. Elle part étudié en Angleterre dès l’âge de 13 ans puis aux Etats-Unis où elle obtient une licence en littérature anglaise. De retour en Iran en 1979, aux heures critiques de la révolution iranienne, elle accepte un poste de professeur à l’Université de Téhéran avant de démissionner en 1995, refusant de se soumettre aux lois implacables du régime autoritaire en place. N’abandonnant pas son amour pour l’enseignement et son souhait de contribuer au développement d’un esprit critique, elle invite 7 de ses meilleures étudiantes à assister à des séminaires autour de littérature anglaise dans l’intimité de son salon et ce, jusqu’à son départ d’Iran pour les Etats-Unis, le 24 juin 1997.

Ce livre est un magnifique témoignage d’une femme en République Islamique d’Iran. On y découvre les horreurs qui accompagnent la mise en place du régime islamiste au pouvoir. Exécutions sommaires, disparitions, propagande anti-occidentaliste … Lorsque l’on parle de régimes totalitaires en France, on a la bétise de n’évoquer que les deux courants idéologiques qui ont marqué l’Europe au début du 20ème siècle, oubliant de rappeler que la République Islamique d’Iran est un régime totalitaire qui oppresse sa population au point que les conservateurs en perdent la foi, qui exécute libres penseurs et torture les jeunes femmes sous prétexte d’un comportement provocateur.

Ce livre c’est également une prise de conscience sur la place de la femme en Iran. Azar Nafisi y aborde notamment les thèmes du port du voile, de la sexualité et de l’amour en rapprochant différents romans tels qu’Orgueil et Préjugés, Lolita, Gasby le magnifique à la vie réelle en Iran.

Ce roman a été une révélation. J’y ai découvert le destin tragique de ces femmes qui préfèrent pour beaucoup, lorsqu’elles en ont l’opportunité, quitter cette prétendue république pour de vraies démocraties. Grâce à Azar Nafisi j’ai pris conscience de l’importance des libertés d’agir, d’expression, de pensée mais surtout d’imagination. Pour autant, est tel est le pouvoir merveilleux de son écriture,  Azar Nafisi réussit à nous donner envie de découvrir l’Iran, son Iran, et d’y découvrir les paysages merveilleux qui entourent Téhéran, d’y goûter les différentes spécialités culinaires et échanger avec cette population opprimée.

Synopsis : Après avoir dû démissionner de l’Université de Téhéran sous la pression des autorités iraniennes, Azar Nafisi a réuni chez elle clandestinement pendant près de deux ans sept de ses étudiantes pour découvrir de grandes œuvres de la littérature occidentale. Certaines de ces jeunes filles étaient issues de familles conservatrices et religieuses, d’autres venaient de milieux progressifs et laïcs ; plusieurs avaient même fait de la prison. Cette expérience unique leur a permis à toutes, grâce à la lecture de Lolita de Nabokov ou de Gatsby le Magnifique de Scott Fitzgerald, de remettre en question la situation  » révolutionnaire  » de leur pays et de mesurer la primauté de l’imagination sur la privation de liberté. À travers le prisme de la littérature, et notamment dans le personnage de Lolita, ces jeunes femmes retrouvent le reflet de leur propre soumission au pouvoir répressif des mollahs. Peu à peu, elles confient à l’auteur leurs aspirations, leurs rêves et leurs déceptions.

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Le Dragon du Trocadéro – Claude Izner

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« Le Dragon du Trocadéro » de Claude Izner est le 12ème tome des aventures de Victor Legris et de son commis devenu associé, Joseph Pignot. Pourtant, c’est avec ce dernier roman que je découvre l’auteur Claude Izner, ou plutôt devrais-je dire « les auteurs » car Claude Izner est le pseudonyme de deux soeurs : Liliane Korb et Laurence Lefevre, deux anciennes bouquinistes des Quais de Seine.

Très attirée par ce policier du fait de son contexte : l’Exposition Universelle de 1900 organisée par Paris avec pour thème « le bilan du siècle » et qui nous laisse en héritage notamment, le Grand Palais et le Petit Palais et surtout le Métropolitain. Cette exposition qui rassembla 52 millions de visiteurs au cours des 212 jours d’ouverture était un important évènement tant festif que commercial.

Grâce à Claude Izner, on découvre, au travers de ce policier, les différentes facettes de cet évènement ainsi que les habitudes de vie des parisiens du début du 20ème siècle : la découverte du métropolitain qui faisait peur aux moins téméraires, les restrictions d’eau et la mise en place de l’éclairage la nuit … Au delà de l’exposition universelle et des avancées techniques et scientifiques majeures, il est très intéressant de découvrir ce qu’étaient nos quartiers à l’époque !

Pour ce qui est de l’énigme, Claude Izner réussit à nous tenir en haleine jusqu’à la fin du roman. Impossible de deviner à l’avance qui est à l’origine des meurtres et l’on se plait à suivre les investigations de Victor Legris et Joseph Pignot au travers de Paris. Un policier au rythme engageant qui ne s’essoufle à aucun moment et qui donne, à la fin, l’espoir de nouvelles aventures à venir que l’on suivra avec autant d’envie ! En attendant, je me note de découvrir les 11 premiers romans qui, au vue de les synopsis semblent tout aussi attrayants.

Synopsis : En 1900, l’exposition universelle ramène à Paris une faune bigarrée de curieux, de marins, d’artistes et de scientifiques. Ichiro Watanabe et son cousin Isamu visitent les œuvres réunies sur le Trocadéro quand quelqu’un dans la foule glisse un papier dans la main de ce dernier. A peine l’a-t-il lu qu’il est abattu d’une flèche en plein cœur, à laquelle est rattachée une plume. Quelques jours plus tard, un anglais subit le même sort, marquant le début d’une série noire. Qu’est-ce qui relit ces hommes ? Inquiets pour la sécurité de leur ami Watanabe, Victor et Joseph vont se lancer dans une nouvelle enquête qui les amènera au récit d’un bateau fantôme et d’une mystérieuse cargaison… Entre marins et contrebandiers de toutes les nationalités, les dernières aventures de Victor ont des airs de bout du monde.

J’en profite pour vous indiquer que le Petit Palais présente actuellement une exposition intitulée Paris 1900, la Ville Spectacle. Article à venir dans au Happy Sunday …! 🙂

Lectures d’avril

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Pour ne pas être à court de lecture, je me suis rendue à Gibert Joseph faire le plein de romans. Pour ce mois d’avril, je vais voyager dans le temps et l’espace pour découvir des écrivains encore inconnus de ma bibliothèque.

Grande fan des polars scandinaves, j’ai rarement eu l’occasion de lire des auteurs danois alors même que j’apprécie tout particulièrement leurs séries (Sacrilège !!). Ayant entendu parler de cet écrivain à succès, j’ai décidé de découvrir son premier roman. 

Miséricorde. Jussi Adler Olsen. Pourquoi Merete Lyyngaard croupit-elle dans une cage depuis des années ? Pour quelle raison ses bourreaux s’acharnent-ils sur la jeune femme ? Cinq ans auparavant, la soudaine disparition de celle qui incarnait l’avenir politique du Danemark avait fait couler beaucoup d’encre. Mais, faute d’indices, la police avait classé l’affaire. Jusqu’à l’intervention des improbables Carl Mørck et Hafez el Assad du Département V, un flic sur la touche et son assistant d’origine syrienne. Pour eux, pas de cold case …

Lire c’est apprendre et ré-apprendre sans s’en rendre compte et notamment les pans les plus sombres de notre Histoire, par souci du devoir de mémoire.

Le monde d’Hannah. Ariane Bois. Paris, hiver 1939. Dans le « petit Istanbul » le quartier de la diaspora judéo-turque, vivent Hannah et Suzon, deux petites filles inséparables. Quand la guerre éclate, elles découvrent le marché noir, les sirènes qui hurlent et les rafles … Pour Hannah, c’est la peur, l’expropriation et l’exil en Turquie, le pays natal de ses parents; pour Suzon, c’est encore la protection du douillet appartement familial. La guerre terminée, elles se reverront. Mais leur monde a disparu. Tant bien que mal, les deux jeunes filles tentent de se retrouver la complicité des après-midi sucrés de leur enfance, avant l’horreur. Jusqu’au jour où Hannah découvre un terrible secret. Leur amitié résistera-t-elle à ce que la guerre a ruiné ? 

Le problème Spinoza. Irvin Yalom. Amsterdam, février 1941. Le Reichleiter Rosenberg, chargé de la confiscation des biens culturels des juifs dans les territoires occupés, fait main basse sur la bibliothèque de Baruch Spinoza. Qui était-il donc ce philosophe, excommunié en 1656 par la communauté juive d’Amsterdam et banni de sa propre famille, pour, trois siècles après sa mort, exercer une telle fascination sur l’idéologue du parti nazi. 

Après avoir lu la Trilogie berlinoise de Philipp Kerr, je n’ai pas résisté à cette version US lorsque je suis tombée dessus.

Trilogie New-Yorkaise. Paul Auster. De toutes les qualités qui ont justifié le succès de la Trilogie new-yorkaise, l’art de la narration est sans doute la plus déterminante. C’est qu’il suffit de s’embarquer dans la première phrase d’un de ces trois romans pour être emporté dans les péripéties de l’action et étourdi jusqu’au vertige par les tribulations des personnages. Très vite pourtant, le thriller prend une allure de quête métaphysique et la ville, illimitée, insaisissable, devient un gigantesque échiquier où Auster dispose ses pions pour mieux nous parler de dépossession.

Ma période historique préférée est sans conteste la Belle Epoque, cette période marquée par les progrès sociaux, économiques, technologiques et politiques. Alors forcément, lorsqu’un roman, policier de surcroît l’évoque je ne peux pas résister !

Le dragon du Trocadéro. Claude Izner. En 1900, l’Exposition universelle ramène à Paris une faune bigarrée de curieux, de marins, d’artistes et de scientifiques. Ichiro Watanabe et son cousin Isamu visitent les œuvres réunies sur le Trocadéro quand quelqu’un dans la foule glisse un papier dans la main de ce dernier. A peine l’a-t-il lu qu’il est abattu d’une flèche en plein cœur, à laquelle est rattachée une plume. Quelques jours plus tard, un anglais subit le même sort, marquant le début d’une série noire. Qu’est-ce qui relit ces hommes ? Inquiets pour la sécurité de leur ami Watanabe, Victor et Joseph vont se lancer dans une nouvelle enquête qui les amènera au récit d’un bateau fantôme et d’une mystérieuse cargaison… Entre marins et contrebandiers de toutes les nationalités, les dernières aventures de Victor ont des airs de bout du monde.

Et vous, quelles seront vos prochaines lectures ? Policiers ? Biographies ? Romans ? Certains d’entre vous ont ils déjà lu ceux que j’ai hâte de lire ?

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Vent de sang – Nele Neuhaus

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« Vent de sang » est le troisième roman de l’auteur allemande Nele Neuhaus, (Flétrissure, 2011 et Blanche Neige doit mourir, 2012). Découverte avec son second polar, Blanche Neige doit mourir, j’étais été curieuse de découvrir ce « Vent de sang » écologique et de renouveler avec le polar allemand auquel je préfère souvent ceux du Grand Nord. Sur fond de débat sur l’avenir du climat et de lutte écologique, ce polar est efficace : meurtres en série, nombreux suspects tous plus coupables les uns que les autres … on se prend au jeu de roman qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière page. Au passage, on découvre les luttes qui entourent la mise en place des dispositifs écologiques et on s’interroge pour notre avenir.

 Synopsis : « Le premier mort s’appelle Grossmann. Meurtre ou accident, l’affaire serait banale si l’homme n’était pas le veilleur de nuit de la société WindPro qui s’apprête à construire sur le Taunus un parc d’éoliennes, un projet combattu par une association de riverains. Deux hommes ont pris la tête des opposants : Ludwig Hirtreiter, qui refuse de céder une prairie nécessaire à WindPro malgré l’offre très généreuse de trois millions d’euros qui lui est faite ; et Jannis Theodorakis, sous couvert d’écologie. La confrontation est âpre, et lors d’une réunion consacrée au projet, une rixe éclate. Une femme décède. Le commissaire Oliver von Bodenstein, présent, est blessé. La situation ne cesse de s’envenimer et, bientôt, un deuxième meurtre est commis. Entravés par la duplicité des protagonistes prompts à dissimuler leurs motivations profondes derrière la commode façade de convictions éthiques ou morales, Bodenstein et Pia Kirchhoff doivent faire face au vent meurtrier qui semble s’être abattu sur la région du Taunus. » 448 pages, collection Actes sud

 

La vie rêvée d’Ernesto G. – Jean Michel Guenassia

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« La vie rêvée d’Ernesto G. » est le second roman de Jean Michel Guenassia, écrivain français, né à Alger en 1950. J’ai découvert cet auteur avec son premier roman « Le club des incorrigibles optimistes ». Emportée par sa plume merveilleuse, ce livre fut pour moi une vraie révélation. Aussi, lorsque son second roman est sorti en version poche (J’ai une grande préférence pour le format poche qui me permet de lire partout !), je n’ai pu résister à la tentation de l’acheter.

Lire « La vie rêvée d’Ernesto G. », c’est voyager entre Prague, Paris et Alger et ce souvenir que la Tchécoslovaquie a existé. C’est prendre un cours d’Histoire et de philosophie en rappelant à notre mémoire ce que furent les cents dernière année : beaucoup d’espoir placé en l’Homme pour ne pas répéter les erreurs du passé suivi d’une immense déception et d’une horreur innommable. Et c’est surtout rencontrer Ernesto G, un idéal désabusé.

Avec ce roman, comme avec le précédent, Jean Michel Guenassia nous fait voyager, dans le temps et l’espace. On suit les aventures et la vie des ce héros du quotidien, Joseph Kaplan, au gré des événements de l’Histoire. Ne vous y trompez pas, il ne s’agit pas d’une biographie d’Ernesto Guevara qui n’apparait que dans le dernier tiers du roman. On y retrouve également des personnages du premier roman, Pavel, joueur d’échec au Club, ou Maurice Delaunay, l’oncle de Michel, nous donnant l’envie de lire à nouveau « Le Club des incorrigibles optimistes ». Personnellement, j’ai adoré les deux romans et vous invite vivement à les découvrir.

 Synopsis : « 1910 – 2010. Prague, Alger, Paris. La traversée du siècle de Joseph Kaplan, médecin juif pragois. De la Bohème et de ses guinguettes où l’on croisait des filles qui dansaient divinement le tango en fumant des Bastos, à l’exil dans le djebel, de la peste d’Alger aux désillusions du communisme, voici la vie d’un héros malgré lui. Une vie d’amours et de grandes amitiés, une vie d’espoirs et de rencontres, jusqu’à celle, un jour de 1966, d’un certain Ernesto G., guerrier magnifique et terrassé, échoué au fin fond de la campagne tchèque après sa déroute africaine. » 564 en version poche.

 

Le ciel se trouve sur terre – Ake Edwardson


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Ma dernière lecture était un thriller suédois. Hum ces dernières années, qui dit thriller dit forcément suédois me direz vous ! Personnellement, le polar suédois représente pour moi une valeur sûre qui m’assure un bon moment de lecture.

Avec ce roman, je découvrais l’auteur, Ake Edwardson, et son enquêteur Erik Winter. Et bonne surprise, un enquêteur avec une vie de famille ! Assez rare pour m’avoir marquée puisqu’en effet, dans les polars, les flics sont très souvent des âmes esseulées, assez portés sur la boisson et presque mis au banc de la société (souvent de leur propre fait). Bon notons qu’Erik, malgré sa stabilité familiale, dispose d’une certaine propension à apprécier le whisky et les nuits blanches. 

Sans surprise, on plane dans une atmosphère sombre et humide, très loin de l’univers joyeux des fêtes de fin d’année. Pas de crime à proprement parlé dans cette enquête menée avec délicatesse et ménagement au travers de laquelle on découvre au fur et à mesure les raisons qui ont amenées ces agressions et enlèvements. Au final, on a froid dans le dos, de peur, presque que l’histoire ne devienne réelle. A découvrir, accompagné d’un bon plaid et d’un bon thé pour réchauffer l’atmosphère !

Notez au passage que ce roman peut tout à fait ce lire indépendamment des romans précédents qui ont étalement Eric Winter comme personnage principal.

 Synopsis : « un climat d’angoisse éclipse à Göteborg les festivités de fin d’année. Tour à tour, des enfants sont enlevés quelques heures par un inconnu sans qu’aucun crime puisse être constaté. Alors qu’il enquête sur de violentes agressions touchant les étudiants, Erik Winter est sur le qui-vive. Jusqu’à ce que les deux affaires s’accélèrent brutalement ». 500 pages en version poche.

L’auteur : Ake Edwardson est né le 10 mars 1953 à Vrigstad. Journaliste et écrivain suédois, certains le considère comme le successeur de Henning Mankell (L’oeil du léopard, Les chaussures italiennes …). Traduits dans plus de 20 langues, il a notamment reçu le Grand Prix du roman policier suédois en 1997 pour son roman Danse avec l’ange. Erik Winter est son personnage principal. Le ciel se trouve du terre est le cinquième roman qui le met en scène.